
"J'peux pas croire tout c'que tu m'dis! C'que tu m'dis j'y crois à peine. C'que tu me dis c'est trop beau, c'est trop joli."
Oui les enfants, je le sais, et j'aurais aimé que vous eussiez pu vous glisser en moi pour vivre ce moment. Malheureusement l'onirisme de Mendelson reste une ode désabusée, rêveuse, enfantine même, touchante sûrement, mais tellement désabusée.
Ce Jeudi 27 Novembre, en ce triste jour, tandis que votre serviteur passe une bonne heure dans les transports en commun, s'émerveillant des odeurs d'urine en quarantaine et des paysages expressifs tel le plus impressionniste des pot-pourri, se prépare dans une petite ville du nom de Villeneuve D'ascq (ville qui reste célèbre pour avoir vu naître Saint Maxime De Kokocinzki) , l'un des événements de l'année, tout du moins dans la région. Enfin, je le pensais. Après tout Mendelson et Pascal Bouaziz ne font pas énormément de concerts, et leur dernier album ( Personne ne le fera pour nous) a été une franche réussite.
Il eût été normal que la soirée fasse grand bruit, ou tout du moins dans le milieu indépendant des joyeux bobos Lillois. Mais non.
C'est assez étonnant tout de même. Surtout à ce prix là! 5 misérables euros pour voir Mendelson.
Le groupe Français encore en activité, qui tend à prouver qu'associer musique léchée à l'Anglaise (ou Américaine), à coups de furies soniques, ou calmes Strapiens, et textes en Français d'une plume des plus plus rares, est un fait possible.
Je le dis, et ce sans gêne, les gens méritent vraiment, de grands et majestueux coups de valseuses dans le derche. Mais passons.
Je rentre donc un peu déconcerté. L'organisation de la soirée me contraint à supporter 2 premières parties dans le cadre du festival Tour de Chauffe. The Meeting Room et Dos De mayo, je ne m'étendrai pas sur les premiers, et pour ce qui est des seconds, même si je n'ai pas réellement apprécié, il faut au moins leur reconnaître un mérite, ils tentent des choses. C'est déjà ça.
Il est déjà 23h30, et Mendelson n'est toujours pas passé sur scène. Les paupières se font lourdes (surtout que j'avais passé du jour même mon Bac sports, le 3*500 ça vous gagne, heureusement, je suis un surhomme).
Pascal Bouaziz et ses deux compères font leur apparition pour finir les réglages. Notons que le groupe jouera ce soir avec un batteur, chose qui n'est pas arrivée depuis belle lurette.
On me susurre au creux de l'oreille que ça risque d'être un sacré concert.
Je veux bien le croire.
Un peu moins de 00h00. Le groupe s'installe, la cinquantaine de pequenots, venus les yeux luisants, reviennent dans la salle en prenant soin de finir leurs boissons. Il faut être concentré et alerte pour un concert de Mendelson.
Ça commence, impossible de me souvenir par quel titre. Il faut dire pour ma défense que j'étais admirablement fatigué. Je ne me souviens que très vaguement de la setlist. "J'aime pas les gens", "Le sens commun", "Crétin", "L'ardèche", "Barbara", "Scanner"... Peu importe, ce n'est pas ce qui compte.
Tout se mélange comme dans un rêve sous prozacs, tout se fond et tourbillonne dans mon esprit.
En même temps suite à des douleurs, me rappelant au bon souvenir de mon épreuve de sports, j'avais eu la bonne idée de me diriger vers le fond de la salle, dans la pénombre la plus totale, le dos avachi contre le mur et les jambes allongées sur les sièges voisins, en fermant les yeux.
Les yeux fermés. C'est de cette manière que la musique de Mendelson doit s'écouter.
Non pas que ça soit ennuyeux, non, les passages bruitistes, fortement présents, sont là pour me démentir.
Juste Mendelson me fait rêver. C'est triste de rêver à l'écoute d'un réalisme si poignant et décrivant si fidèlement le quotidien du tout à chacun (c'est bien pour ça qu'on dit réalisme d'ailleurs).
Mais je ne sais pas, non. Non, je dois sûrement m'inscrire dans une démarche douteuse de glorification de la réalité sordide. Sûrement, même si je ne m'en rends pas compte.
J'avais juste à fermer les yeux au fond de la salle, j'avais un laser qui me sortait par les yeux.
Et tandis que je rêvassais à l'écoute de ces mélodies, les guitares revenaient, sordide gardien de la paix qui nous rappelle brutalement la cruauté de cette réalité et la noirceur qu'elle comporte.
Ça y est. C'est fini, un rêve d'1h50, un peu plus, un peu moins, peu importe, c'est terminé. Brutalement. Les rêves finissent toujours brutalement. Comme quand avant de se réveiller, on s'imagine tombant dans un fossé sans fond.
On sort.
Pour clôturer la soirée j'ai le droit de serrer la main du conteur des mes rêves, avec en prime un "Bonne soirée". Rahh il peut parler, il sait très bien qu'il est impossible de se rendormir après un rêve de la sorte. Salaud. Je crois que je vous aime.
A noter qu'il n'y a ni photos, ni enregistrements de concert. Tout du moins pour l'instant.
D'ici peu (je l'espère), j'éditerai pour rajouter un lien vers une interview et des morceaux tirés du concert. Je communiquerai le lien de l'émission où tout ça sera écoutable en n'oubliant pas de remercier, une fois encore, Marc.





